Créer une chorégraphie simple : la méthode pas à pas

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Créer une chorégraphie, même simple, se fait rarement d'un seul jet. On part d'une musique, on la découpe en temps, on lui donne une structure, puis on écrit les mouvements, on place le groupe sur scène et on transmet le tout aux danseurs. Ce guide suit ces étapes dans l'ordre, avec les repères qu'utilisent les professeurs (le compte en 8 temps, les procédés de composition, le filage) et ce qu'il faut noter à chaque étape pour ne rien perdre d'une répétition à l'autre. Il vaut pour un premier enchaînement de groupe comme pour un numéro de gala.

Ce qu’est Stancz

Stancz est une application de chorégraphie pour le web, iPhone et Android, qui place les danseurs sur une scène à l'échelle et anime le passage d'une formation à la suivante. Elle permet de placer les danseurs sur un plateau aux vraies dimensions, enchaîner les formations et animer chaque transition, visualiser en 2D, en 3D et depuis le fauteuil du spectateur, caler les changements de place sur la musique importée, programmer l'écran LED du fond de scène, cue par cue et de partager la chorégraphie avec la troupe et commenter une formation. Stancz fonctionne dans le navigateur sur PC et sur Mac, sans installation, et dispose d'une application iPhone, iPad et Android. La version gratuite couvre 3 chorégraphies et 4 formations par chorégraphie. L'abonnement Pro lève ces limites : 3,99 €/mois ou 29,99 €/an. Stancz ne gère pas l'administratif d'une école de danse : ni inscriptions, ni planning de cours, ni facturation, ni présences. Il n'apprend pas non plus les pas de danse.

  • placer les danseurs sur un plateau aux vraies dimensions
  • enchaîner les formations et animer chaque transition
  • visualiser en 2D, en 3D et depuis le fauteuil du spectateur
  • caler les changements de place sur la musique importée
  • programmer l'écran LED du fond de scène, cue par cue
  • partager la chorégraphie avec la troupe et commenter une formation

Choisir la musique et la couper

Tout part du morceau. Le site de cours Superprof conseille de choisir une musique qui te touche et te donne envie de danser, pas un titre pris par défaut parce qu'il est à la mode ; pour une première chorégraphie, l'école lilloise Danc'Art recommande un tempo modéré et une chanson que tu connais bien. Avant de bouger, écoute-la plusieurs fois en boucle, sans danser, pour repérer les phrases musicales, les moments forts et les silences : c'est l'étape que beaucoup de débutants sautent, note Danc'Art, alors qu'elle facilite toute la suite.

Le tempo se mesure en battements par minute (BPM), l'unité qu'emploient les musiques actuelles là où les partitions classiques écrivent allegro ou andante. Wikipédia situe par exemple le rap entre 80 et 100 BPM et la house entre 124 et 130. Le calcul sert pour la suite : à 120 BPM, un temps dure une demi-seconde et un bloc de 8 temps 4 secondes ; un morceau de 3 minutes compte alors 360 temps, soit 45 blocs de 8. Plus le tempo est rapide, moins chaque mouvement a de place, et plus les déplacements doivent être courts.

Coupe ensuite le morceau à la durée voulue avec un logiciel de montage audio. Coupe au début d'une phrase musicale, sur un « 1 », jamais au milieu d'un bloc, et préfère une fin nette, sur un temps fort, à un fondu qui s'éteint pendant que le groupe tient sa pose. Garde enfin le fichier exact que tu as coupé et donne le même à tout le monde : si la version change en cours de route, les comptes se décalent et la troupe doit réapprendre ses repères.

Compter la musique en 8 temps

En danse, on compte la musique par blocs de huit temps : « 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 », puis on recommence. Superprof rappelle qu'on compte ainsi en danses latines, de salon ou urbaines, à part quelques danses comme le jive, et Danc'Art parle d'une structure utilisée dans quasiment tous les styles. Un bloc de 8 couvre deux mesures à quatre temps, la mesure qui contient, selon Wikipédia, un temps fort suivi de trois temps faibles. Le « 1 » est le temps où la phrase repart, souvent marqué par l'entrée d'une voix ou d'un instrument.

Les contretemps se comptent « et » : « 1 et 2 et 3… ». Au niveau débutant, Superprof conseille de caler chaque mouvement sur un temps ou un contretemps et d'associer un compte à chaque geste, une méthode aussi utilisée dans les chorégraphies de groupe pour que tout le monde soit ensemble. Pour lancer la musique ou une reprise, le compte « 5, 6, 7, 8 » annonce que le bloc suivant commence, et Danc'Art suggère de danser en comptant à voix haute pour ancrer la structure dans sa tête : tout le monde part sur le 1.

Note les comptes dès le départ. Le plus simple est un tableau : une ligne par bloc de 8, numérotée (premier huit, deuxième huit…), avec la partie de la musique en face (intro, couplet, refrain) et les mouvements en quelques mots. La fiche « Comment construire une chorégraphie » du conseiller pédagogique EPS du Rhône insiste sur ce point : garder une trace de la construction d'une séance à l'autre, par des photos, un carnet ou des notes. Sans trace, une chorégraphie se réinvente à chaque répétition.

Construire la structure : intro, couplets, refrain, final

La plupart des chansons alternent couplets et refrains. Wikipédia décrit l'enchaînement « couplet 1, refrain, couplet 2, refrain… », chaque refrain reprenant en général les mêmes paroles et la même mélodie. Autour, on trouve souvent une introduction, parfois un pont qui casse la répétition avant le dernier refrain, et une fin ; Superprof conseille d'analyser cette structure avant de chorégraphier. Repère ces parties sur ton tableau de comptes : combien de blocs de 8 pour l'intro, pour chaque couplet, pour le refrain. C'est le squelette de ta chorégraphie.

Calque ensuite la danse sur cette structure. Un refrain qui revient appelle la même phrase dansée : le public la reconnaît, et les danseurs l'apprennent une fois pour trois passages. Les couplets laissent de la place à des variations, à un passage en petit groupe ou à un changement de formation ; le pont est le bon moment pour une surprise ou un contraste. Le programme anglais de danse du GCSE, publié par l'organisme d'examen AQA, nomme ces formes : binaire (AB), ternaire (ABA), rondo, où une partie A revient entre des parties différentes, ou narrative quand la danse raconte une histoire.

Soigne le début et la fin, les deux moments dont le public se souvient. La fiche du Rhône demande un début et une fin « identifiables, précis » et pose trois questions pour chacun : où entre-t-on (déjà sur scène ou depuis les coulisses), qui (tout le groupe, des petits groupes, les uns après les autres) et comment (les mêmes actions ou des actions différentes, à la même vitesse ou non). Pour la fin, même chose : immobiles sur scène, regroupés, au sol, ou en sortant les uns après les autres. Une pose finale tenue nettement vaut mieux qu'une sortie floue.

Écrire les phrases de mouvement

Une phrase de mouvement est une suite de gestes qui forme une unité, souvent un ou deux blocs de 8. Commence par un motif court qui porte l'idée de la danse : un geste de bras, un pas, un appui particulier. Le programme du GCSE de l'AQA en fait le premier des procédés du chorégraphe, « motif and development » : un motif, puis ses développements. Pour trouver tes mouvements, pars de la musique (un accent appelle un geste net, une nappe un mouvement lié), d'un mot, d'une image, ou d'un geste du quotidien que tu détournes, comme le propose la fiche du Rhône.

Développe ensuite le motif avec des procédés de composition. Le portail pédagogique de l'académie de Nantes en liste une vingtaine, dont la répétition (reproduire plusieurs fois un mouvement), l'inversion (faire sa phrase à l'envers), le contraste (grand et petit, vite et lent), l'accumulation (ajouter des mouvements ou des phrases), la transposition (la même phrase au sol et debout), la cascade (une succession d'actions d'un danseur à l'autre), l'unisson (la même chose en même temps) et le canon (un mouvement repris par d'autres danseurs à intervalles réguliers). Un même motif de 8 temps donne ainsi plusieurs phrases sans inventer un seul pas nouveau.

Garde des phrases que ton groupe peut danser. Une chorégraphie simple répète plus qu'elle n'invente : deux ou trois phrases bien choisies, reprises et variées, suffisent souvent pour un premier numéro. Danse chaque phrase toi-même sur la musique avant de l'enseigner, compte-la à voix haute et écris-la dans ton tableau, bloc par bloc. Si un passage ne tombe pas juste sur les comptes, simplifie-le tout de suite : c'est beaucoup plus difficile une fois que tout le groupe l'a appris.

Placer le groupe et enchaîner les formations

Une fois les phrases écrites, décide où chacun les danse. Une formation est la position de tous les danseurs à un moment donné : une ligne, deux lignes décalées, un V, une diagonale, un cercle, des petits groupes. Change de formation quand la musique change de partie, pas au hasard : un nouveau couplet, l'arrivée du refrain ou le pont sont des moments naturels. Le guide pour créer des formations de danse détaille les formes courantes et la façon de les choisir selon le nombre de danseurs.

Le placement sert aussi la lisibilité. Le programme de l'AQA compte la « manipulation of number », jouer sur le nombre de danseurs, parmi les procédés du chorégraphe, et l'académie de Nantes range l'augmentation et la diminution du nombre de danseurs parmi les siens : un refrain dansé par tout le groupe à l'unisson frappe plus fort après un couplet dansé par trois. Place les danseurs les plus sûrs là où le regard tombe, au centre et devant, et décale les rangées pour que ceux de la deuxième ligne se voient entre ceux de la première.

Chaque changement de formation est un trajet à compter, comme un pas. Donne-lui un nombre de temps précis, un bloc de 8 par exemple, et un chemin pour chaque danseur, en évitant que deux trajets passent au même endroit au même moment. Les déplacements les plus simples gardent l'ordre des danseurs ; ceux qui le mélangent demandent plus de répétition. Note sur ton plan, pour chaque formation, le compte où elle doit être atteinte : c'est ce repère qui permet au groupe d'arriver ensemble.

Répéter et transmettre aux danseurs

Enseigne la chorégraphie par morceaux. Danc'Art décrit la méthode des écoles de danse : découper en blocs de 8, répéter le premier jusqu'à ce que les mouvements deviennent naturels, passer au suivant, puis enchaîner les deux. Montre chaque bloc d'abord lentement et sans musique, en comptant, puis avec la musique. Si tu montres face au groupe, fais les mouvements en miroir et dis-le, sinon une partie des danseurs partira du mauvais côté. Pour que chacun revoie sa place chez soi, mieux vaut partager la chorégraphie avec sa troupe que recopier les plans à la main.

Laisse les danseurs « marquer », c'est-à-dire refaire les mouvements en petit, sans sauter ni forcer, pendant qu'ils apprennent. Une étude de l'université de Californie à Santa Cruz, publiée dans la revue Psychological Science et racontée par le magazine Dance Informa, a fait apprendre deux enchaînements à 38 élèves avancés en danse classique, l'un répété à pleine vitesse, l'autre en marquant : les juges ont mieux noté celui qui avait été marqué. Les auteurs y voient un allègement de la charge mentale, pas seulement une économie d'énergie. Garde la pleine intensité pour les passages déjà sûrs.

Avant le spectacle, enchaîne tout du début à la fin sans t'arrêter. C'est le filage : au théâtre, Wikipédia le définit comme une répétition jouée sans interruption, dans l'ordre, sans public, qui sert à mesurer la durée et à régler la coordination, et le filage « à l'allemande » y ajoute les placements. Note ce qui coince, puis nettoie : reprends les passages où le groupe n'est pas ensemble, compte par compte, en vérifiant que tous ont le même angle de bras et le même regard sur le même temps. Termine sur la vraie scène, pour recaler les distances.

Préparer sa chorégraphie avec Stancz

Stancz est une application de chorégraphie qui sert à préparer le placement des danseurs : tu les poses sur une scène à l'échelle, tu enchaînes les formations, et les transitions s'animent sur ta musique, en vue 2D de dessus, en 3D et depuis la salle. Elle s'utilise dans le navigateur d'un ordinateur, PC ou Mac, sans installation, et en application iPhone, iPad et Android, avec le même compte. Elle est gratuite jusqu'à 3 chorégraphies de 4 formations chacune, et un abonnement payant existe au-delà. Elle propose 19 préformations, des formes toutes faites qui s'adaptent au nombre de danseurs, et accepte jusqu'à 500 danseurs par chorégraphie.

Dans la méthode de ce guide, elle sert au moment de la musique, du placement et de la transmission. Tu importes ton morceau, en MP3 ou en WAV : sa forme d'onde devient l'axe de temps. « Taper le tempo » mesure le BPM, et « Caler les formations sur le tempo » aligne les durées sur les temps. Tu crées une formation par partie de la musique, tu la renommes (« Couplet 1 », « Refrain ») et tu tires son bord pour lui donner sa durée ; à la lecture, les danseurs glissent d'une formation à la suivante, et un trajet trop long ou deux danseurs qui se croisent se voient tout de suite. Pour transmettre, tu partages la chorégraphie en lecture, y compris avec le plan gratuit, et « Surligne-moi » met en évidence le point de chaque danseur.

Ce que Stancz ne fait pas, sans détour : il n'écrit pas les pas à ta place. Aucune intelligence artificielle n'y invente de chorégraphie ; les mouvements, les comptes et les phrases restent dans ton tableau, ton carnet et ton corps, et l'application ne s'occupe que de l'espace et du temps, c'est-à-dire de qui est où, et à quel moment. Elle n'exporte pas en PDF, ne permet pas d'éditer à plusieurs en même temps et ne gère pas une école (inscriptions, planning, paiements).

Questions fréquentes

Comment créer une chorégraphie simple quand on débute ?
Choisis un morceau au tempo modéré que tu connais bien, écoute-le plusieurs fois sans danser, puis compte-le en blocs de 8 temps. Repère l'intro, les couplets et les refrains, écris un motif court et reprends-le à chaque refrain. Deux ou trois phrases répétées et variées suffisent pour un premier enchaînement ; ajoute ensuite les formations, puis répète par morceaux, lentement et sans musique d'abord.
Pourquoi compte-t-on en 8 temps en danse ?
Parce que la musique qu'on danse se découpe ainsi : un bloc de 8 couvre deux mesures à quatre temps. Compter en 8 permet d'associer chaque mouvement à un temps précis, de faire partir tout le groupe ensemble sur le 1 après « 5, 6, 7, 8 » et de retrouver un passage par son numéro, par exemple le troisième huit du refrain. Les contretemps se comptent « et ».
Quelle musique choisir pour créer une chorégraphie ?
Une musique qui te donne envie de danser, au tempo modéré pour une première fois, avec une structure claire : intro, couplets et refrains qui reviennent. Mesure son tempo en BPM pour savoir combien de temps dure chaque bloc de 8, et coupe-la à la bonne durée au début d'une phrase musicale. Donne ensuite le même fichier à tout le groupe.
Comment noter une chorégraphie pour ne pas l'oublier ?
Avec un tableau de comptes : une ligne par bloc de 8, la partie de la musique en face, les mouvements en quelques mots. Ajoute un plan par formation avec la place de chaque danseur et le compte où elle doit être atteinte. La fiche pédagogique du Rhône citée plus haut recommande aussi de garder une trace d'une séance à l'autre, par des photos ou un carnet.
Comment apprendre une chorégraphie à un groupe ?
Par blocs de 8 : montre le premier lentement et sans musique, en comptant, fais-le répéter jusqu'à ce qu'il soit naturel, puis passe au suivant et enchaîne. Face au groupe, danse en miroir et dis-le. Laisse marquer pendant l'apprentissage, garde la pleine intensité pour les passages sûrs, puis fais un filage complet et nettoie les passages où le groupe n'est pas ensemble.
Peut-on créer une chorégraphie en ligne ?
Pour le placement et les formations, oui : Stancz s'ouvre dans le navigateur d'un ordinateur, sans installation, et existe aussi en application iPhone, iPad et Android. Tu y places les danseurs, enchaînes les formations sur ta musique et partages le résultat ; le plan gratuit va jusqu'à 3 chorégraphies de 4 formations chacune. Les pas, en revanche, c'est toi qui les inventes : Stancz ne les écrit pas à ta place.

Sources

Ce guide s'appuie sur les références suivantes, consultées lors de sa rédaction.

  1. 1.superprof.fr
  2. 2.dancart.fr
  3. 3.fr.wikipedia.org
  4. 4.fr.wikipedia.org
  5. 5.fr.wikipedia.org
  6. 6.aqa.org.uk
  7. 7.pedagogie.ac-nantes.fr
  8. 8.pedagogie.ac-nantes.fr
  9. 9.dancemagazine.com.au
  10. 10.fr.wikipedia.org

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